L’embarcation 2/12

Cette première étape du vortex est sans doute la plus longue, mise à part le tissage, dernière étape qui, elle, dure toute la vie.

Elle commence des semaines avant la levée du voile vers le vortex de la naissance. Lorsque la personne enceinte quitte son identité de « femme enceinte » et s’ouvre à l’idée qu’elle va mettre au monde un enfant très prochainement : elle embarque. C’est la nidification : elle cherche à réaménager son domicile, revoir le trousseau de l’enfant, organiser les détails de la naissance, réaliser qu’un enfant va passer par sa yoni, se poser des questions sur la parentalité, etc.

Il arrive que la femme désespère d’enfanter un jour, surtout si elle approche de son terme. Elle se sent lourde, fatiguée. Elle lâche prise sur son apparence physique, son habillement : « OK je me laisse aller, je ne vais peut-être jamais accoucher, je n’en peux plus, tout ce que je veux c’est mon bébé, j’abdique ! » C’est bon signe.

Parallèlement, le corps se prépare à l’enfantement à venir. Le bébé se positionne (le plus souvent) la tête en bas et vient appuyer sur la partie la plus basse de l’utérus et sur le col. Il habite cette région de sorte que des signaux vont être envoyés par rétrocontrôle au cerveau de la maman : la grossesse touche à sa fin : il va bientôt falloir enfanter.

Si la personne évolue dans un univers favorable au bourgeonnement des récepteurs utérins à l’ocytocine (marche active / yoga / nage / danse, support émotionnel, moments de cocooning, etc), elle va commencer (peut-être sans trop le percevoir) à avoir des épisodes de contractions non douloureuses qui vont ramollir le col de l’utérus, le raccourcir, le rendre plus favorable à la dilatation et au passage du bébé.

Puis, bien embarquée dans les prémisses du vortex, des contractions plus intenses vont se faire ressentir. Probablement anarchiques, irrégulières et peu longues (15 secondes), tiraillant le bas ventre. L’énergie se construit, s’accumule. C’est le moment de profiter de l’instant, de s’imprégner de l’énergie qui envahit la femme. Inutile de forcer les choses en cherchant à activer le processus, cela ne ferait que fatiguer la personne. C’est plus intéressant à ce stade de chercher à profiter au maximum des pauses entre les contractions. Inutile de forcer le repos non plus. Simplement se laisser aller à l’énergie présente : si c’est celle de la nuit, la personne peut se positionner allongée sur le côté pour que son bébé ait le dos vers le plafond (il glissera son dos vers l’avant ce qui est très favorable pour l’enfantement). Ainsi elle pourra somnoler en dehors des contractions. Si c’est la journée et que l’envie vient d’aller marcher, pourquoi ne pas profiter d’un bon bol d’air en nature ?

Dans tous les cas, se laisser aller dans les pauses sans chercher à rationaliser ce qu’il se passe permet au cerveau primitif de continuer à encourager la sécrétion d’ocytocine par l’hypophyse, tandis que le stress, induit par trop de réflexion ou un comportement auto-imposé pour activer le processus, va plutôt inhiber les contractions.

C’est alors que, le bébé s’étant bien positionné, le dos en avant et la tête bien fléchie, le corps de la personne qui enfante est fin prêt à plonger dans son vortex et à traverser le voile. Les contractions s’intensifient et s’allongent (45 secondes à 1 minute). Cette intensité réveillera un.e partenaire endormi.e. La femme n’a pas besoin de l’inquiéter avant cela si c’est le milieu de la nuit. C’est d’ailleurs son rôle à lui.elle de s’occuper de mesurer les contractions et d’appeler ensuite les personnes utiles. La femme ne devrait pas s’en soucier ; à aucun moment il est pertinent pour elle de calculer quoi que ce soit.

Ce n’est pourtant pas le moment d’appeler la doula ou la sage-femme. L’embarcation reste dans l’intimité du couple. Il arrive quand même qu’une aide soit nécessaire lorsque cette étape dure plusieurs jours. Ceci est souvent en lien avec un bébé mal aligné dans le bassin, ce qui l’empêche d’aller stimuler le col de manière pleinement efficace. Vous apprendrez en cours de préparation comment aider un bébé à bien s’aligner et à stimuler les contractions par une manœuvre très simple. Les partenaires peuvent s’y prêter au besoin.

Attention tout de même, il arrive que l’embarcation soit très brève et les contractions très vite rapprochées et très intenses. Si c’est le cas, inutile d’attendre pour appeler.


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